Photo CHUB
FRNLEN

>>Le travail social au sein des différents services : Psychiatrie

« La plus importante et la plus négligée des conversations, c’est l’entretien avec soi même » (Chancelier Oxenstiern)

>>En savoir plus sur le service social ou sur le service de Psychiatrie.


Psychiatrie salles fermées (psychoses et troubles de l’humeur)

Une structure d’hospitalisation « fermée » signifie que le patient est hospitalisé sous contrainte (mise en observation).
Les personnes hospitalisées dans les salles fermées de psychiatrie ont souvent un parcours de vie aboutissant à une désocialisation et dans le cas extrême à l’exclusion sociale. Ces sujets nécessitent des modalités de prise en charge particulières et l’établissement de liens de confiance.

La phase de mise au point diagnostique du travail social :

  • Evaluation de la situation sociale du patient dès son admission par un premier entretien d’anamnèse (identification, antécédents, situation socioprofessionnelle, économique, environnementale, conditions de vie, conditions de mise en observation…)
  • Réalisation de démarches administratives urgentes et conservatoires (envois de certificats médicaux, enquêtes sociales pour les admissions en urgence des patients indigents ou ayant un revenu limité…)
  • Organisation et adaptation du quotidien suite à la nouvelle réalité de l’hospitalisation (placement d’enfants, aide à domicile pour le conjoint, placement des animaux domestiques, fermeture des domiciles)
  • Entretien avec la famille et/ou l’entourage à visée diagnostique
  • Contacts avec le réseau actif avant l’hospitalisation
  • Mise en commun des données avec l’équipe multidisciplinaire

La phase de stratégie thérapeutique intra et post-hospitalière :

  • Entretiens individuels avec le patient
  • Recherche de structuration du temps durant l’hospitalisation (collaboration avec l’hôpital de jour, organisation de démarches ou d’activités)
  • Recherche d’un lieu de vie adapté ou adaptation du lieu de vie existant, visite à domicile
  • Recherche de structuration du temps pour « l’après hospitalisation » (travail, bénévolat, centre de jour…)
  • Evaluation en équipe interdisciplinaire de l’adéquation du projet
  • Clarification et résolution des problèmes juridiques, financiers, matériels…
  • Organisation du suivi post hospitalier (mise en place des relais avec le réseau ambulatoire)
  • Participation aux différentes audiences avec le juge de paix lors des étapes de la procédure de mise en observation afin de présenter le contexte social de la décompensation du patient ainsi que les perspectives possibles.

En salle fermée les travailleurs sociaux sont pour le patient les garants et les moteurs des démarches de réalité.

^

Psychiatrie salles ouvertes (psychologie médicale)

Une structure d’hospitalisation « ouverte » signifie que le patient s’y rend de manière volontaire.
Salle ouverte ou unité de « psychologie médicale », elle accueille des pathologies assez variées : dépression (majoritairement chronique), troubles de la personnalité, les troubles anxieux (obsession-compulsion), stress post-traumatique. Celles-ci se caractérisent par le mal-être, l’isolement, la solitude, les ruptures (professionnelle/familiale), le délire, la paranoïa, les angoisses, les phobies sociales, l’indigence, l’agressivité, l’agitation, les somatisations diverses, etc.

Le travailleur social est intégré au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Pour le travailleur social, le travail multidisciplinaire est primordial car il lui permet de connaître son patient sous diverses facettes, de le placer dans un contexte psycho-médico-social. La collaboration de ces différentes spécialités permet d’établir un projet de sortie réalisable et acceptable pour le patient. L’hospitalisation n’est pas un lieu de vie mais un passage. L’après hospitalisation est primordial.
Le travail social permet une approche systémique, d’obtenir une vue d’ensemble sur « l’extérieur », sur le quotidien familial/relationnel/professionnel du patient. Il donne donc à son équipe une information précise sur la réalité sociale et les problématiques concrètes auxquelles le patient fait face dans sa vie de tous les jours.
Dans l’équipe thérapeutique, le travailleur social est celui qui connaît et manie un arsenal de démarches, de recours, de structures pour assurer au patient une continuité dans sa vie sociale au cours de son hospitalisation et pour lui permettre d’aménager sa sortie de l’hôpital vers un mieux être.
En effet, leur pathologie et les symptômes qui en découlent ne permettent pas toujours d’obtenir une vue d’ensemble claire de la situation globale du patient.

Le travailleur social en salle ouverte travaille beaucoup avec le patient et non pour le patient. Il est primordial que celui-ci reste acteur de sa vie et des changements dans sa situation sociale. Travailler ensemble pour une amélioration de sa situation. Le travailleur social doit écouter le patient, tenir compte de ses envies de changement ou de non-changement, prendre en considération ses ressources et capacités et les reconnaître telles quelles sont, prendre en considération ses difficultés.
Les objectifs visés sont l’autonomie, la croissance et la réhabilitation psycho-sociale du patient.

Le travailleur social se trouve au carrefour de différents aspects (social, juridique, familial, financier, etc), il est l’interlocuteur commun entre le patient, l’hôpital et le réseau extérieur.

Dans une salle ouverte, le travailleur social ( ainsi que son équipe) ne peut imposer quoi que ce soit au patient. Ce dernier garde toujours le pouvoir de décision et reste acteur de sa vie.

^

Unité de crise

L’unité d’hospitalisation de crise travaille énormément avec la garde et 98% des patients qui y séjournent y sont référés par les urgences psychiatriques.
L'unité de crise se propose d'accompagner intensivement et brièvement (en général 72h maximum) des personnes ayant décompensé suite à une situation difficile pour elles et pour lesquelles une hospitalisation de longue durée n'est pas nécessaire ou risquerait d'être vécue comme trop stigmatisante.
Tout en ayant une patientèle avec des profils très variés, l'unité s'adresse particulièrement à certains types de patients qui répondent aux concepts de crise. Celle-ci est définie comme une situation dans laquelle les modèles de pensées, de comportements ne permettent plus de faire face à certains changements de vie et doivent donc être adaptés.

Le travail social à l'unité de crise, c’est notamment :

  • rencontrer tous les patients qui passent dans l'unité ;
  • vérifier la situation administrative (mutuelle, adresse...) ;
  • rédiger une enquête sociale si nécessaire ;
  • participer au staff multidisciplinaire et quotidien ;
  • contacter, après concertation en équipe, les services ambulatoires afin d'envisager une réorientation après les 3 jours d’hospitalisation ;
  • contacter les structures hospitalières pour prévoir un séjour plus long ;
  • participer aux réunions extra-muros ;
  • rencontrer ou contacter la famille ou toute autre personne de référence.

^

Hôpital de jour

L’hôpital de jour est un lieu de diagnostic et de traitement de troubles et difficultés psychologiques, psychiatriques et relationnels divers animé par une équipe multidisciplinaire.
Son cadre de travail est particulièrement conçu pour accompagner des adultes qui ont (eu) des troubles psychiatriques consécutifs à une image de soi dévalorisée et à des difficultés répétitives dans la relation à autrui.
Les outils de travail principaux sont la sociothérapie, la psychothérapie en groupe et des activités d’expression plastique, musicale, théâtrale, etc.

Le service social est étroitement lié au fonctionnement de l’Hôpital de jour et au traitement de ses patients.
Le travailleur social travail en multidisciplinarité avec tous les membres de l’équipe au cours des diverses étapes du traitement. Lors de leur admission, il rencontre chaque nouveau patient et effectue une anamnèse sociale. Celle-ci constitue entre autre un outil d’évaluation de la situation du patient, de pré-élaboration du suivi social et d’orientation de celui-ci dans le module de travail thérapeutique dans lequel il sera intégré. Le travailleur social effectue des suivis psychosociaux individualisés à la demande des patients au cours du séjour (demandes de réorientation socioprofessionnelle, de guidance budgétaire, juridique, administrative, de recherche d’activités extra-hospitalières, …) en collaboration avec leur groupe de travail thérapeutique et leur thérapeutes.
Il assure l’accompagnement de certains patients dans leurs démarches extérieures s’ils ne sont pas en mesure de les effectuer seul. Il peut être amené à effectuer des visites à domicile.
Le travailleur social répond aux demandes ponctuelles des patients ou les accompagne dans leurs diverses prises de contacts auprès de leur mutuelle, employeur, administrateur de biens ou auprès de centres de jour, de maison de repos, de services juridiques, …
Il assure diverses tâches administratives telles que la constitution d’un dossier social, le suivi des informations auprès du service facturation (solvabilité des patients, changement d’adresse, données mutuelle ou de police d’assurance hospitalisation, les demandes de réquisitoires d’hospitalisation non-urgente), la rédaction de rapports sociaux en fin d’hospitalisation, …
Le travailleur social de l’Hôpital de jour a également une fonction de co-animation qu’il assure quotidiennement au sein d’un des groupes thérapeutiques qui est spécifiquement consacré à un travail socio-thérapeutique (rapport à la réalité, aux projets de vie, à la réinsertion sociale, …).
Il participe hebdomadairement à diverses réunions d’équipe spécifiques (réunions institutionnelles ou cliniques) et a de multiples entrevues, échanges ou concertations cliniques avec les divers membres de l’équipe.

Dans l’exercice de ses fonctions, le travailleur social de l’Hôpital de jour a entre autre comme objectif de préserver ou favoriser l’autonomie du patient, de faire en sorte qu’il poursuive le cours de sa vie de la manière plus aisée et sereine en se découvrant et en devenant plus conscient de son fonctionnement afin de l’accepter, de l’adapter ou de le modifier.
Il est important de ne pas travailler pour le patient mais avec le patient afin qu’il puisse (re)découvrir ses potentialités et compétences et qu’il prenne part au changement de sa situation.
Autrement dit, le but est de diminuer la demande d’aide. Il ne s’agit pas tant d’éliminer les plaintes et les problèmes en tant que tels mais surtout d’amener le sujet à y remédier par lui-même.

^

Alcoologie et toxicomanie

L’intervention du service social s’inscrit dans le cadre d’une hospitalisation destinée à un processus de sevrage et d’abstinence, au cours d’une période déterminée. Il est important de percevoir la problématique sociale rapidement, et de préparer, tout aussi rapidement, l’élaboration de projets de sortie. Le travailleur social investigue de façon complète la réalité sociale du patient en amont de l’hospitalisation. Lors de son admission le patient a un entretien avec le travailleur social qui lui parle du projet de sortie de manière à mobiliser immédiatement le patient dans sa réalité. Il tente de dégager avec lui les facteurs d’autonomie et de dépendance. Le travailleur social traite les ruptures (travail, paiements…), les questions juridiques et financières ainsi que des aspects plus spécifiques (logements, placements d’enfants…). Le travail social tient compte de la situation du patient, de ses ressources et de celles de la communauté et du réseau. Dans le cadre de la continuité des soins, le projet social se construit en collaboration active tant avec les membres de l’équipe qu’avec les intervenants, structures et services extérieurs. Les entretiens proposés permettent de structurer la réalisation du programme d’activités nécessaires pour atteindre les objectifs de réhabilitation psychosociale que le patient se fixe.
La cure est basée également sur la participation obligatoire du patient à des groupes d’information, de communication, d’activités, de prévention des rechutes… Le travailleur social anime certains de ces groupes.

^

Unité Rimbaud (pédopsychiatrie)

L’unité Rimbaud organise une consultation spécialisée pour les adolescents et si nécessaire organise le suivi en hospitalisation dans les unités psychiatrique. Les adolescents hospitalisés sont souvent dans des situations sociales difficiles qui demandent une mise au point, voir une réorientation. Le rôle du travailleur social est multiple : il voit tous les adolescents à leur entrée, il participe aux entretiens « famille » et il contacte les instances psychosociales et judiciaires (service d’aide à la jeunesse, service de protection de la jeunesse, juges... )
Il organise des réunions avec les différentes personnes impliquées dans la problématique. Le travailleur social accompagne les adolescents dans les démarches d’orientation (changement d’école, de lieu de vie, organisation d’un suivi médical à long terme…).
Le volet social de la prise en charge des adolescents occupe une position majeure dans l’organisation de la sortie. Dans ce contexte, le travailleur social est amené à effectuer diverses démarches dans le cadre du projet thérapeutique élaboré avec le patient et l’équipe soignante.
De nombreux jeunes en rupture familiale ont besoin d’une structure d’accueil, alternative au milieu familial : communauté thérapeutique, institution d’aide à la jeunesse, logement individuel, habitations supervisées… D’autres en danger au sein de leurs familles ont besoin qu’un recours auprès du SAJ soit introduit afin de sauvegarder leurs droits et de les protéger contre certains sévices.
Pour certains adolescents, il est nécessaire d’intégrer le projet thérapeutique dans le cadre de la loi sur la protection de la personne du malade mental.
Le travailleur social assure également un suivi ambulatoire en participant en partenariat avec le reste de l’équipe aux consultations de ces adolescents en perte de repères.
Le travailleur social élabore et maintient les liens avec le réseau en participant, par exemple, aux plateformes mensuelles de la santé mentale infanto-juvénile.

^

Icarus (consultation psychiatrique)

Il n’est pas rare de voir arriver dans les services de psychiatrie ou au service des urgences, des patients psychotiques ayant abandonné tout suivi médico-psycho-social. Malgré la création de structure psychiatrique alternative, la prise en charge de ces patients, après une hospitalisation, se solde trop souvent par une rupture de soins et un retour à leur mode de vie antérieur. Afin d’éviter la spirale des hospitalisations multiples, il est important de proposer un suivi ambulatoire en collaboration avec le réseau, qui reste dans un premier temps, centré sur l’hôpital où les patients on leurs repères matériels et affectifs.
Sachant que le pronostic et l’évolution de cette maladie sont déterminés par la prévention des rechutes psychotiques, des mesures préventives sont à mettre en place après la stabilisation clinique. C’est dans ce cadre que le projet ICARUS a été développé et est basé sur le principe de la réhabilitation psychiatrique. Elle se définit « comme un processus qui facilite le retour d’un individu à un  niveau optimal de fonctionnement autonome dans la communauté ». Elle met l’accent sur l’intégrité et les forces de l’individu plutôt que sur la maladie. Elle propose une approche globale incluant la réadaptation au travail, le logement, les loisirs, l’éducation…
Dans ce cadre les travailleurs sociaux ont, à côté des consultations médicales, des consultations sociales pour aider et accompagner le patient dans son processus de réhabilitation (démarche administrative, visites à domicile, structuration du temps par des activités…).

^