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>>Paul Brien (1894-1975)

Paul BrienPaul Brien, homme de sciences et citoyen engagé qui a donné son nom au site schaerbeekois du CHU Brugmann, est né à Hannut le 24 mai 1894.

Professeur (1928-1964) et doyen de la Faculté des Sciences (1945-1947) à l'Université libre de Bruxelles, éminent biologiste de tendance néo-lamarckienne, zoologue reconnu ayant notamment eu l'occasion d'étudier pendant quatre mois la faune de la dépression de l'Upemba, Paul Brien se pose aussi en ardent défenseur de la langue française et de la libre-pensée.

Sommité scientifique de niveau international, il se définit comme un homme resté ardent wallon et hesbignon, collé et rivé à sa commune natale. Fondateur, président puis président d’honneur du Comité de Vigilance des Intellectuels antifascistes (CVIA) et président du Comité du Front populaire (1935-1936), il est élu brièvement sénateur provincial du Brabant pour le Parti communiste en 1936, comme candidat de Front populaire. Six mois plus tard, il démissionne.

Dès l’occupation, Paul Brien est bien connu des autorités occupantes pour ses idées politiques et son intransigeance à l’Université libre de Bruxelles. En juin 1942, il est interrogé par des officiers de la Gestapo, à Liège, à propos de son appartenance à l’association des Amis de René Jadot, de son soutien aux républicains espagnols, de son activité importante au CVIA, et de son appartenance à la franc-maçonnerie. Laissé en liberté jusqu’en décembre 1942, Brien est alors arrêté dans son laboratoire et emmené comme otage à la citadelle de Huy.

Coopté au sein du Comité permanent du Congrès national wallon en 1945, Paul Brien en reste membre jusqu’en 1948. Au moment où le Parlement s’apprête à appliquer, en pure et simple arithmétique électorale, les conséquences du recensement de population de 1947 à la représentation parlementaire, il signe la pétition La Wallonie en alerte. À l’instar de 52 autres académiciens et professeurs d’université conscients de la fonction intellectuelle qu’ils exercent dans la société, il souhaite empêcher la Chambre et le Sénat de voter une loi qui condamnerait la Wallonie à la minorité perpétuelle et demande qu’on lui garantisse l’existence en tant que nationalité. Sans préjuger des formes de cette garantie que seuls les Parlementaires peuvent définir, la pétition évoque néanmoins le fédéralisme et la formule d’un Parlement paritaire.

Affirmation de l’existence de la Wallonie au sein de la Belgique, ce long texte adressé aux présidents des deux Chambres le 19 avril 1949 reste sans écho, puisque la représentation parlementaire flamande passera de 96 à 104 députés sans aucune compensation effective pour les Wallons (1961).

Membre de l’Association pour le Progrès intellectuel et artistique de la Wallonie, au début des années soixante, Paul Brien figure parmi les fondateurs du Rassemblement pour le Droit et la Liberté (1963), s’élève contre l’attitude intransigeante des Flamands et défend avec passion le régime linguistique français à Bruxelles. Cofondateur du FDF, il en a été le premier président (1964-1967). Pressenti pour figurer comme tête de liste FDF aux élections de 1965, il argue de son état de santé et refuse. Ardent défenseur de la langue française et de la libre-pensée, il est nommé président d’honneur du FDF en 1967.

Il décède à Watermael-Boitsfort le 19 février 1975.

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