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>>Jacques Corvilain (1923-1998)

Jacques CorvilainJacques Corvilain est né à Charleroi le 11 décembre 1923. Son enfance, ses études, sa carrière et sa vie se dérouleront à Bruxelles, en dehors de quelques séjours professionnels au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Après des études à l’Athénée de Saint-Gilles, il obtient brillamment le diplôme de Docteur en Médecine à l’ULB en 1948.

Il acquiert sa formation spécialisée en Médecine Interne et en Endocrinologie dans les hôpitaux publics bruxellois, au contact des maîtres que furent Paul Govaerts, Paul Bastenie et Pierre-Paul Lambert. Il complète cette formation par des stages prolongés dans plusieurs centres anglo-saxons prestigieux : London Hammersmith Hospital, Massachussets General Hospital à Boston, National Institutes of Health à Bethesda, Mayo Clinic à Rochester.
Cette formation le conduit à diriger la Clinique d’Endocrinologie de l’Hôpital Brugmann, et à devenir le premier titulaire de l’enseignement d’Endocrinologie en doctorat à l’ULB. Il est ensuite promu Chef du Département de Médecine Interne, Professeur dans cette discipline et Directeur du Laboratoire de Médecine Expérimentale.

Jacques Corvilain consacre toute sa carrière à la triple mission de médecin hospitalier universitaire : soins cliniques, enseignement et recherche. Il étudie d’abord le fonctionnement hypophysaire (riposte de l’ACTH au stress hypoglycémique), puis le métabolisme du fructose et des acides gras. Sa thèse d’agrégation est consacrée au mécanisme d’excrétion des phosphates, en particulier sous l’effet de l’hormone de croissance et de l’hormone parathyroïdienne.

Avec son groupe, il développe ensuite à Brugmann l’approche du métabolisme phosphocalcique et des affections osseuses, et le dosage radio-immunologique des hormones circulantes calciotropes (parathormone, calcitonine, vitamine D active).

Sur le terrain clinique, l’expertise pluridisciplinaire qu’il rassemble autour de lui permet d’identifier et de traiter de nombreux cas d’hyperparathyroïdie primaire, d’aborder l’ostéodystrophie rénale, la lithiase rénale, le rachitisme et la maladie osseuse de Paget, et de construire un centre de référence dans le domaine phosphocalcique.

Jacques Corvilain, doué d’une intelligence réfléchie et d’un esprit scientifique rigoureux, se méfiait en médecine de ce qui peut n’être qu’effet de mode, engouement passager. Son soutien bienveillant aidait les autres à travailler, à réfléchir, à développer leurs idées, à payer de leur personne. C’était un homme prudent, modéré, sensible et discret, doté d’un solide sens de l’humour. Il écoutait inlassablement et conseillait sans relâche, avec une disponibilité sans faille à ses patients et à ses collaborateurs.

En conférant son nom à l’un des bâtiments du « New » Brugmann, nous souhaitons rendre hommage à la mémoire du médecin, du chercheur et de l’humaniste qui a marqué profondément de son talent l’école de Médecine de l’hôpital Brugmann pendant toute la seconde moitié du XXe siècle.

D'après : Fuss M., Hommage au Professeur Jacques Corvilain, Rev Méd Brux, 1999

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