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>>René Magritte (1898-1967)

René MagritteRené Magritte, qui a donné son nom à l'ancien site jettois du CHU Brugmann, est né en 1898 à Lessines. De son enfance, on retient deux événements :

  • D'abord, un sentiment de mystère, premier sentiment dont il se souvienne, ou veuille se souvenir. Il l'éprouverait pour la première fois bébé en contemplant une caisse, dont il ignore le contenu, près de son berceau. C'est la caisse mystérieuse qui apparaît dans certains de ses tableaux. Ce sentiment berce l'enfance de Magritte. Selon lui, le mystère est la première chose que puisse ressentir un enfant puisqu'il ne connaît rien et découvre sans cesse. Ce mystère est aussi inexplicable puisque si on l'explique, ce n'est plus un mystère.
  • Ensuite le suicide de sa mère. Dépressive, elle s'enfuit une nuit de chez elle pour se jeter d'un pont. On la retrouve morte quelques jours plus tard le visage couvert de sa robe de nuit. Cette mort a profondément marqué Magritte. L'image du visage recouvert d'un drap est présente dans beaucoup de ses tableaux. De plus, bien qu'il nie toute relation de cause à effet, on perçoit chez Magritte certains signes de dépression et de mélancolie, sorte de projection du mal de vivre de la mère vers son fils.

En 1914, Magritte rencontre Georgette, qui deviendra huit ans plus tard, sa femme et sa muse.
Il étudie la peinture à l'Académie des Beaux Arts de Bruxelles. Comme un écrivain apprend à écrire sans faute afin d'être libre des contraintes techniques, Magritte apprend à peindre.
Il s'intéresse au cubisme et au futurisme, mais ne s'y attache guère. Sa découverte de l'œuvre de De Chirico est une véritable révélation. Il a l'impression que ces tableaux, surtout "Le chant d'amour ", sont de la véritable poésie et s'attache, à partir de ce moment, à mettre de la poésie dans ses peintures.
Bien qu'originaire du Hainaut, Magritte passera l'essentiel de sa vie à Bruxelles, où il occupera, à partir de 1915 jusqu'à sa mort en 1967, pas moins de sept domiciles au Nord de l'agglomération, à Laeken, à Jette puis à Schaerbeek.
Ses compositions sont énigmatiques et oniriques : on y voit un train sortant d'une cheminée, des passants figés et coiffés de feutres sombres s'envoler.
Proche des surréalistes belges, c'est tout naturellement qu'il part en 1927 rencontrer les membres parisiens de ce courant, et notamment André Breton. La rencontre est plus que décevante, et Magritte ne va plus bouger de Belgique, ce qui ne l'empêche pas de connaître un succès international.
Son oeuvre est en effet beaucoup plus révolutionnaire qu'il n'y paraît : l'image n'est pas la réalité, c'est une illusion, un simulacre inutile... Voilà en tout cas le message qu'il veut faire passer dans ses toiles, sur le mode de l'ironie. Magritte a également illustré "Les nécessités de la vie" de Paul Eluard et "Les chants de Maldoror" de Lautréamont.
Il meurt en 1967 après avoir peint plus de mille tableaux.

Le Musée Magritte à Jette

Le Musée MagritteLa période que René Magritte passe à la rue Esseghem à Jette, seule adresse qui soit accessible au public, demeure la plus captivante pour approcher le peintre.
Lorsqu'il s'y installe avec sa femme Georgette, à l'age de 31 ans, il est apprécié et soutenu par quelques rares initiés, et doit se consacrer à côté de sa peinture, à des travaux publicitaires. Lorsqu'il quitte Jette 24 ans plus tard, c'est un artiste reconnu, qui ne tardera pas à connaître une forme de consécration.
Entre-temps, il aura produit à la rue Esseghem près de la moitié de son oeuvre, avec le soutien de ses complices surréalistes, qui feront de la maison leur quartier général.
Pendant cette période, Magritte mène à leur terme des expérimentations inédites sur la couleur et la forme, celles qui caractérisent sa "période vache" ou sa période "Renoir", conçoit et publie des revues telles que "La carte d'après nature". Il produit encore, à la rue Esseghem, parmi ses plus grands chefs-d'oeuvre, dont "L'empire des lumières"," La Condition humaine" ou "La durée poignardée"...

Les tableaux de René Magritte se situent parmi les plus célèbres et les plus mystérieuses productions artistiques du vingtième siècle. Des souliers deviennent des pieds, une pipe ne peut plus être une pipe, un ciel d'azur et nuages blancs dominent un paysage nocturne, une locomotive surgit d'une cheminée... Lequel d'entre nous, surpris par la réalité magique de ces oeuvres, n'y a découvert, stupéfait, que l'envers mystérieux de son propre environnement ? Aujourd'hui encore ces énigmes imagées suscitent autant de curiosité et d'interrogation qu'il y a septante ans.

Le Musée Magritte est situé rue Esseghem 135 à 1090 Bruxelles (dans la maison qu'habita le peintre à Jette de 1930 à 1954).

La Fondation Magritte

La Fondation Magritte, créée à l'initiative de Charly Herscovici et de nombreux amateurs de l'œuvre de René Magritte, a vu le jour à Bruxelles le 5 février 1998.
Cette asbl a pour objet d'assurer la pérennité et la protection de l'œuvre et de la renommée de René Magritte. Elle veille au rayonnement du peintre et de son œuvre, en Belgique et dans le monde entier.
Depuis sa création, la Fondation Magritte a eu une activité très intense grâce au dynamisme de ses membres. Elle a réussi à développer en peu d'années une série d'axes autour desquels elle concentre aujourd'hui son action.

Au niveau du rayonnement de l'artiste, elle participe à la mise en place de nombreuses expositions, et ce partout dans le monde. Elle a soutenu, en 1998, les Musées royaux des beaux-arts de Bruxelles dans leur imposante rétrospective organisée à l'occasion du centenaire de la naissance de René Magritte.
Depuis lors, elle a apporté son soutien à des expositions importantes, telles celles du Louisiana Museum of Modern Art à Copenhague (août-novembre 1999), de la Scottish National Gallery of Modern Art d'Edimbourg (décembre 1999-mars 2000) ou encore du San Francisco Museum of Modern Art (mai-septembre 2000). Pour la première fois, à Rome, la Fondation Magritte a pris la responsabilité de la mise en place complète d'une exposition consacrée au peintre, qui s'est ouverte le 16 mars 2001 en présence de Sa Majesté la Reine Paola.
La Fondation a aussi voulu apporter son expérience à l'élaboration d'un hommage rendu à Magritte au Casino de Knokke (juin-septembre 2001).

Au niveau de la protection de l'œuvre, un comité d'authentification des œuvres de René Magritte s'est constitué à Bruxelles le 30 mars 2000 sous l'égide de la Fondation Magritte. Cette initiative vise à sauvegarder l'œuvre et à assurer la continuité du travail gigantesque accompli par les auteurs du catalogue raisonné. Ce comité, qui se réunit deux fois par an, est composé de membres du conseil d'administration de la Fondation et d'experts externes.

Au niveau de la recherche, la Fondation Magritte s'est associée à la création d'un Centre de recherches René Magritte à l'Université Libre de Bruxelles. Ce Centre a pour objectif principal de promouvoir la recherche sur Magritte en publiant des thèses de doctorat, des actes de colloques, de la correspondance, et en rassemblant et développant les archives écrites et visuelles.

Au niveau pédagogique, la Fondation Magritte développe actuellement différents projets tels que la création d'un site Internet, des publications pour enfants et un prix René Magritte qui établira un lien entre la littérature et les arts plastiques.

La Fondation Magritte poursuivra à l'avenir son action dans tous ces domaines, tout en n'excluant pas de nouveaux champs d'investigation.

>>En savoir plus sur l'histoire du CHU Brugmann.