Le
traitement des affections cardiaques a bénéficié de
l'œuvre de pionnier des Profs Jean Govaerts et Georges Primo qui
ont inauguré la
chirurgie cardiaque en Belgique au CHU Brugmann.
Dès 1949, le Prof.
Govaerts et son équipe
réalisaient des interventions
de chirurgie "paracardiaque",
qui corrigeaient certaines anomalies situées dans le voisinage du coeur (canal
artériel
persistant, coarctation de l'aorte ou péricardectomie).
À
partir de 1954, à Brugmann,
des chercheurs ont travaillé à la mise au point d'un appareillage
coeur-poumons artificiel permettant de mettre
temporairement le coeur et les poumons hors service afin de réaliser
une manoeuvre réparatrice ou de substitution. Cinq ans plus tard, on
assistait aux premières
interventions à coeur
ouvert.
Le CHU Brugmann est alors devenu le véritable berceau de la chirurgie
cardiaque bruxelloise et belge. L'hôpital, en tant que centre
de formation universitaire, a vu passer nombre de chirurgiens cardiaques réputés
qui ont ensuite implanté cette spécialité partout en Belgique.
Et
c'est en 1973 que le Prof. Primo a réalisé la première
transplantation cardiaque belge.
Depuis lors, les nouvelles technologies ont révolutionné le
traitement des affections touchant le coeur. Le service de Chirurgie cardiaque
et la clinique de Cardiologie s'inscrivent
en droite ligne de cet essor technologique.
En particulier, l'approche de la maladie
coronaire et de l'infarctus myocardique est modifiée.
L'échographie
de stress et la scintigraphie myocardique à l'effort en permettent un
diagnostic précoce et une évaluation non invasive. L'occlusion
aiguë des
artères coronaires peut être traitée immédiatement
par fibrinolyse. La salle d'angiographie, grâce à un
matériel informatisé ultramoderne, permet un examen extrêmement
précis des artères
coronaires, aide indispensable à la réalisation
de dilatations par ballonnet, à la mise en place de tuteurs intra-coronaires
ou à l'opération de pontages.
Le CHU Brugmann est un des premiers hôpitaux belges où ont été implantées
des prothèses de valve cardiaque. Ceci explique pourquoi l'institution
a toujours été à la pointe dans le diagnostic et l'évaluation
des maladies valvulaires. En particulier, ce domaine a bénéficié du
développement de l'échocardiographie transoesophagienne,
une technique qui accroît encore la précision du diagnostic, et
du Doppler cardiaque couleur.
En Belgique, ce service est aussi un des premiers centres où l'on a implanté des stimulateurs cardiaques (pacemakers). Plus récemment, les techniques de pointe de l'électrophysiologie interventionnelle s'y sont développées, permettant notamment de supprimer de façon définitive, au moyen de cathéters intracardiaques, les circuits responsables des arythmies. C'est aujourd'hui un centre reconnu pour l'implantation de défibrillateurs cardiaques, qui permettent d'éviter la mort subite en se déclenchant lors des troubles aigus du rythme.
La chirurgie cardiaque profite aussi du développement
des techniques moins agressives telles que l'endoscopie moins traumatisante
pour le squelette thoracique du patient.
Aujourd'hui, en association avec l'UZ Brussel et l’Hôpital des Enfants Reine Fabiola, le service de Chirurgie cardiaque réalise plus de 650 opérations sous circulation extracorporelle par an, portant sur les artères coronaires et les valves cardiaques, mais aussi sur les anomalies congénitales de l'enfant, de l'adolescent et de l'adulte.
L'évolution des techniques permet à présent de traiter des patients de tout âge, des nouveaux-nés aux octogénaires, ou souffrant de maladies cardiaques de plus en plus complexes.
Signalons encore que cette chirurgie extrêmement délicate nécessite la collaboration d'un service de réanimation performant.