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>>Hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek : un accord de partenariat avec Brugmann

L’horizon s’éclaircit pour l’hôpital militaire et le Centre des grands brûlés qu’il abrite. Au terme d’un an de discussions, en toute discrétion, plusieurs protocoles d’accord viennent d’être signés entre le ministère de la Défense, celui de la Santé publique et le réseau IRIS, en vue d’un partenariat avec le CHU Brugmann, à l’étroit dans ses locaux actuels.

L’heure est enfin venue, pour l’hôpital militaire, de s’intégrer au sein des structures publiques de soins de santé, tout en veillant à s’aligner scrupuleusement sur les normes en vigueur dans les hôpitaux civils. Ainsi, un nouvel arrêté royal fixant les normes à respecter pour tous les centres de brûlés entrera en vigueur courant 2007, ainsi qu’un arrêté ministériel précisant les modalités de financement. Au total, ce sont 15 millions d’euros qui vont d’ores et déjà être dégagés. Une situation qualifiée néanmoins de «win-win» par le général Van Daele, chef de la Défense, car tout le monde a quelque chose à y gagner: l’hôpital militaire voit ainsi assurée sa pérennité au service de la Défense et en appui aux opérations dans le cadre de nos relations avec l’OTAN et l’Union européenne, tandis que pour la population générale, ces nouvelles formes de coopération inter-hospitalière permettront d’augmenter l’offre coordonnée de soins pour les grands brûlés et la revalidation. Ceci aura cependant nécessité un an de discussions en comités restreints, avant d'aboutir à la mise en place d’une synergie active entre la Défense et un des hôpitaux du Réseau public bruxellois (IRIS), en l’occurrence le CHU Brugmann. «Le choix du partenaire repose sur le fait qu’il s’agit d’un hôpital public, universitaire, bicommunautaire et qui est géographiquement le plus proche de Neder-Over-Heembeek», a justifié Yvan Mayeur qui, en tant que président du réseau IRIS, est bien évidemment associé à cet accord de coopération.

La collaboration entre les deux institutions hospitalières s’étendra de fait à plusieurs domaines. D’abord, il s’agira de mieux structurer l’encadrement médical du Centre des brûlés, pour en faire un centre de référence au niveau européen et, en Belgique, pour l’ensemble de la population. Sont prévus, dans ce cadre, la mise en œuvre subsidiaire de moyens médicaux et médico-techniques des deux côtés, ainsi que l’échange d’expertises en la matière, dans un souci de qualité totale. Cela signifie que les patients brûlés pourront être orientés vers le site jugé le plus approprié, selon la gravité de leur état et l’accompagnement de soins souhaité.

Un autre protocole de coopération a trait à l’aide médicale urgente. La Convention signée vise une standardisation des procédures et des programmes de formation du personnel convenus de commun accord. L’utilisation d’un véhicule de réanimation de l’Hôpital militaire est également prévue, pour effectuer des transports secondaires médicalisés entre les différents sites hospitaliers selon disponibilité.

Troisième volet de collaboration, l’organisation de programmes de stages destinés au personnel médical et paramédical afin de maintenir à niveau les aptitudes techniques et d'acquérir des compétences dans des domaines où il n’exerce pas de manière courante, mais qui peuvent être d’une grande importance pour l’appui médical aux opérations.

90 lits libérés pour de la revalidation

La convention permettra encore au CHU Brugmann de disposer de 90 lits de revalidation pour les cas les plus lourds à Neder-Over-Heembeek, dès le 1er janvier 2007: les 72 lits du site Magritte, ainsi que 18 lits locomoteur/cardio-respiratoire du site Heysel. L’ensemble de ceux-ci seront installés durablement au 2ème étage du bâtiment principal de l’Hôpital militaire et, plus tard, transférés au 4ème étage après réalisation de certains travaux. Ces lits pourront être libérés et transformés dans des délais très courts en cas de catastrophe ou dès qu’une situation de crise le rendrait nécessaire, a précisé Rudy Demotte, y voyant un bel exemple de collaboration entre les deux hôpitaux bruxellois.

«Il avait été question de réserver tout un étage de l’Hôpital militaire au cas où, par exemple, un avion s’écraserait sur Bruxelles, rappelle André Flahaut, ministre de la Défense. Nous avons préféré une solution très pragmatique qui consiste à garder la possibilité de dégager un certain nombre de lits d’urgence, ce qui démontre une utilisation efficiente des deniers publics». La Défense et la Santé publique ont toutefois convenu de développer et de co-financer un projet visant à installer, au niveau –1 de l’Hôpital militaire, un centre médical spécialisé, composé d’une unité d’accueil pour patients contaminés par des agents chimiques ou radiologiques, et d’une unité de soins pour toute personne atteinte de maladies hautement contagieuses (fièvre hémorragique ou SARS), unité complémentaire à celle existant déjà à l’Hôpital Saint-Pierre. Du côté de la Défense, on s’est encore engagé à mettre à disposition un hélicoptère médicalisé sur la place de Bruxelles. «Il est anormal que la capitale de l’Europe ne dispose pas d’un tel service», considère le ministre André Flahaut, jugeant par ailleurs incompréhensible le fait que l’armée belge ait été condamnée pour «concurrence illégale», pour avoir prêté son concours au transport d’organes…

Auteur : Thierry Goorden
Source : Le Journal du Médecin (n° 1780 du 29/09/2006) - ©Lejournaldumedecin.com

>>Partenariat Hôpital Militaire – CHU Brugmann.