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>>Une clinique d'immuno-allergologie à Brugmann

Le CHU Brugmann se dote d'un service d'immuno-allergologie multidisciplinaire pour assurer la prise en charge de ces affections qui nécessitent des techniques diagnostiques et un traitement spécialisés.

Les maladies allergiques et immunitaires sont de plus en plus fréquentes et leur prise en charge souvent est éparpillée entre différents spécialistes. Dans le cadre du réseau Iris, des médecins ont donc décidé de développer un service d'immuno-allergologie intégré dont l'activité centrale est située au CHU Brugmann.

Sa mission? Prendre en charge les maladies allergiques et/ou immunitaires requérant des techniques diagnostiques et/ou un traitement spécialisé. Le tout étant assuré grâce à la présence simultanée de médecins de spécialités différentes. "Toutes ces maladies sont aussi caractérisées dès leur début par un processus inflammatoire chronique difficile à contrôler. Cette inflammation, partout présente dans les maladies, quelles que soient leur déterminants, est sans doute un des plus grands défis médical du XXIe siècle. Dans la pratique quotidienne, c'est la multidisciplinarité de l'approche, faisant intervenir différents spécialistes mais aussi une vision pharmacologique et physiologique, qui doivent permettre au patient de bénéficier des meilleurs soins", précise le Pr Georges Casimir (directeur médical, Huderf).

A côté de consultations générales, des consultations thématiques sont centrées sur l'allergie médicamenteuse et alimentaire, l'auto-immunité et les syndromes de sinusite-asthme sévères. Les techniques diagnostiques incluent des tests de provocation par allergènes cutanés (y compris médicaments, aliments et venins d'hyménoptères) et les provocations bronchiques non spécifiques et spécifiques.

30% des réactions

La nouvelle clinique entend en effet s'intéresser aux allergies médicamenteuses, un problème sous-évalué alors qu'il concernerait 30% des réactions aux médicaments. Cette sous-évaluation pourrait entre autres s'expliquer par une méconnaissance et un manque de conscience du problème, alors que d'autres allergies (asthme, eczéma atopique, allergies alimentaires) bénéficient de plus d'attention. De ce fait, les mécanismes physiopathologiques impliqués sont peu connus et l'on manque de tests diagnostiques biologiques validés, a expliqué le Dr Saïd Tas (département de médecine interne, clinique d'immuno-allergologie).

Le spécialiste cite l'exemple des enfants étiquetés allergiques à la pénicilline dont seuls 10 à 15% le sont réellement après investigation allergologique appropriée. La mise en place de cette clinique permet aujourd'hui une prise en charge coordonnée des allergies médicamenteuses, selon des méthodes standardisées et validées par l'ENDA (European Network for Drug Allergy).

"Deux voies d'approche me semblent importantes à offrir au patient, c'est tout d'abord de leur permettre d'être traité de la naissance à l'âge adulte sans discontinuité, c’est ensuite de leur offrir sur un même espace géographique une série diversifiée de services qui vont de l'allergie alimentaire à l'allergie médicamenteuse, de la pseudo-allergie à la prise en charge des maladies inflammatoires, des maladies des muqueuses et des revêtements, en passant des aspects immuno-allergologiques de la dermatologie à ceux de l'O.R.L. ou de l'ophtalmologie. Mais c'est aussi de considérer que les spécialistes de notre université, distribués sur plusieurs hôpitaux sont infiniment complémentaires et que leur richesse vient aussi de leur travail en commun", conclut Georges Casimir.

Auteur : Martine Versonne
Source : Le Journal du Médecin (n° 1847 du 26/06/2007) - ©Lejournaldumedecin.com

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