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>>La radiologie, maillon fort du CHU Brugmann

RadiologieEn contact avec pratiquement chaque patient hospitalisé, le service de radiologie a un rôle bien particulier dans l’hôpital. Un fonctionnement efficace, mais aussi harmonieux et humain, est donc fondamental.
Rencontre avec le Pr Luisa Divano, fraîchement arrivée au CHU Brugmann pour prendre la tête de ce service.

Son accent chantant et son regard chaleureux, débarqués de Gênes en Belgique il y a trente ans, font merveille pour raconter les aspects les plus techniques d’une spécialité qui peut sembler aride.
Le Pr Luisa Divano est arrivée au CHU Brugmann début septembre pour diriger un service de radiologie en plein développement.

Quelle est votre première priorité pour le service de radiologie?

J’aimerais réorganiser le service en plusieurs secteurs spécialisés selon la région du corps concernée: neuroradiologie, radiologie thoraco-abdominale, radiologie vasculaire, et radiologie osseuse. Pour chacun de ces secteurs, un médecin référent sera en contact avec les différents services hospitaliers. À l’intérieur du service de radiologie cependant, tous les secteurs travailleront avec le même équipement et aidé du même personnel infirmier. L’intérêt de cette réorganisation est qu’elle donnera à tous les médecins l’occasion de se spécialiser dans un domaine plus pointu, et nous permettra donc de fournir toutes les assurances d’une qualité maximale à chaque prise en charge. Cette réorganisation suppose cependant, dans certains cas, un processus de recrutement.

Quelles sont à vos yeux les caractéristiques les plus importantes d’un service de radiologie?

Le service de radiologie représente une plaque tournante pour l’ensemble de l’activité de l’hôpital. La plupart des patients de l’hôpital, une ou plusieurs fois pendant leur séjour, vont transiter par notre service. Celui-ci doit par ailleurs avoir une offre de grande qualité pour attirer des patients ambulatoires à qui leur médecin a prescrit un examen radiologique.

Et dans la relation aux autres services?

La collaboration s’arrête souvent au diagnostic… mais sans diagnostic il n’y a pas de prise en charge de la maladie! Le radiologue a une double fonction. La première, et la plus connue, est d’interpréter les images pour en tirer des conclusions sur le diagnostic présumé du patient. Mais notre service devrait aussi être partie prenante dans la prescription des examens. En effet, pour chaque pathologie plusieurs examens différents peuvent être effectués, qui donneront chacun une information plus ou moins utile. Le radiologue, qui est informé sur la pathologie mais aussi sur les progrès très rapides des techniques et du matériel, est le mieux à même de bien orienter les prescriptions d’examens de ses confrères pour obtenir un diagnostic rapide et précis. Nous allons donc essayer de développer la participation aux tours pluridisciplinaires.

L’équipement fait partie des aspects importants du fonctionnement de la radiologie. Avez-vous des projets dans ce domaine?

Dans le domaine de la résonance magnétique, un nouvel appareil sera acquis très prochainement pour le site Horta. De nombreuses pathologies pourront dès lors être rapidement prises en charge. L’imagerie fonctionnelle par résonance magnétique, qui permet, par exemple, d’obtenir des images des zones du cerveau en activité, sera bientôt disponible. Il est fondamental que les appareils restent à la page. Attendre qu’un appareil soit amorti financièrement pour le remplacer est un mauvais calcul. Certes, un appareil amorti est plus rentable; mais pour certains, la qualité du diagnostic s’en ressent. C’est le cas pour l’échographie, les CT-scanners et plus encore pour la résonance magnétique. Le fonctionnement de ces appareils est basé avant tout sur l’informatique, et ils deviennent obsolètes en à peu près trois ans.

Prévoyez-vous de nouvelles activités pour le service?

Certains secteurs évoqués plus haut, comme la radiologie osseuse, demanderont un recrutement parce que nous n’avons pas assez de personnel spécialisé dans ce domaine. On peut donc les considérer comme de nouvelles activités. Par ailleurs, j’aimerais développer la sénologie au sein du service de radiologie. C’est un domaine dans lequel les radiologues, sans remplacer les gynécologues, peuvent être plus actifs qu’ils ne le sont pour le moment. Le radiologue peut en effet effectuer mammographie, échographie, mais aussi des ponctions de lésions mammaires suspectes sans oublier la résonance magnétique des seins. Tous ces examens peuvent être pratiqués par la même personne, ce qui permet une analyse très poussée. Nous souhaitons également développer la radiologie interventionnelle.

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette branche de la radiologie?

La radiologie interventionnelle utilise l’imagerie médicale pour soigner, et pas seulement pour diagnostiquer. En contrôlant leurs gestes grâce aux images fournies par leurs appareils, les radiologues peuvent effectuer des interventions thérapeutiques d’une grande précision. La radiologie interventionnelle vasculaire est déjà active au CHU Brugmann. Elle permet par exemple de traiter certains anévrysmes qui ne sont pas accessibles chirurgicalement. Elle permet également de boucher certains vaisseaux sanguins (artères) en cas d’hémorragies ou pour priver une tumeur de son apport sanguin. Elle a un avenir prometteur pour le traitement minimalement invasif des varices des membres inférieurs par laser ou radiofréquences. Pour la colonne, les infiltrations lombaires guidées par scanner, par exemple, permettent de traiter avec précision certaines sciatiques ou douleurs lombaires chroniques. La vertébroplastie consiste, elle, à injecter du ciment orthopédique dans des vertèbres fragilisées par l’ostéoporose ou une métastase d’un cancer. Enfin, la radiologie interventionnelle permet d’effectuer des drainages par voie percutanée (sans ouvrir), en cas d’abcès ou d’obstruction des voies urinaires hautes (néphrostomie). Les applications sont très nombreuses… elle est donc déjà, et sera plus encore, un grand atout pour notre établissement.

Prof. Luisa Divano:: CV express ::
>1977: diplôme de médecine de l’Université de Gênes, en Italie.
>1979: arrivée à l’institut Bordet à Bruxelles.
>1990: chef de clinique en neuroradiologie au CHU Ambroise Paré de Mons.
>1993: chef de service de l’asbl CHAMBOR, l’unité de résonance magnétique de Mons (le centre travaille pour six hôpitaux de la région montoise).
>2000: chef de service de radiologie au CHU Ambroise Paré à Mons.

Auteur : Marion Garteiser
Source : Osiris News (n° 9, décembre 2007-février 2008)