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>>Département infirmier et paramédical : échanger pour mieux avancer

Katia Paemelaere (sage-femme chef de service)

La philosophie et la manière de travailler du Département Infirmier et Paramédical suscitent l'intérêt des hôpitaux étrangers. Une aubaine pour les équipes, comme l'illustrent ces quatre témoignages qui soulignent chacun la richesse de ce type d'échanges.

Des échanges bénéfiques sur toute la ligne

«Nous avons accueilli pendant quatre mois une sage-femme de la maternité de Valenciennes. Elle s'est rendue sur le terrain, a participé aux réunions d'équipe des sages-femmes en chef et aux séminaires organisés par notre maternité. Nous sommes aujourd'hui toujours en contact

«Notre maternité fait en outre partie du Réseau Mère-Enfant de la Francophonie. Dans ce cadre, les échanges professionnels avec l'étranger sont nombreux. Dernièrement, deux sages-femmes de la consultation prénatale se sont rendues en France (à Paris puis à Bordeaux) pour y présenter un exposé sur la détection de la violence intrafamiliale. Ce type d'échanges nous permet d'élargir notre réseau professionnel, d'améliorer notre image de marque et d'accroître notre crédibilité et notre expertise

Katia Paemelaere, sage-femme chef de service en charge de la Maternité

Françoise Joudart, infirmière ICANES et Kelly Da Silva, étudiante en 3e année de soins infirmiers à Strasbourg

Mieux cerner ce qui attire le personnel étranger

«Le séjour des stagiaires françaises que nous avons accueillies dans le cadre du programme Érasmus a été très riche pour notre département. En discutant avec ces étudiantes, nous avons pu mieux cerner les facteurs susceptibles d'attirer le personnel soignant étranger dans notre hôpital: la réputation du CHU Brugmann, son implantation à Bruxelles, le caractère universitaire de l'établissement et le fait qu'il s'agisse d'un hôpital public, gage de non-discrimination dans les soins mais aussi, dans une série de pays étrangers, de sécurité de l'emploi. La manière d'appréhender la multiculturalité de notre patientèle et la visibilité de notre site internet ont aussi joué un rôle

«Par ailleurs, ces étudiantes ont une autre approche des soins, ce qui leur a permis d'apporter un regard neuf sur nos pratiques. Elles ont fait preuve d'une grande curiosité intellectuelle, favorisant l'échange, l'émulation et l'enthousiasme au sein de nos équipes

Françoise Joudart, infirmière chef de service en charge du recrutement et de l'accompagnement des nouveaux (ICANES)

En Erasmus au CHU Brugmann

«Nous devions nous-mêmes trouver un établissement disposé à nous accueillir pendant trois mois. J'ai consulté les sites internet de différents hôpitaux bruxellois. Je me suis intéressée à la politique de santé de chaque établissement, à ses missions et à sa philosophie. Mon choix s'est porté sur le CHU Brugmann parce que c'est un centre hospitalier universitaire et que l'une de ses missions principales est de dispenser des soins à tous, sans distinction.»

«J'ai énormément appris au cours de ce stage! Je me suis notamment familiarisée avec une culture de soins différente de celle pratiquée dans mon pays d'origine: en France, les in rmières sont moins nombreuses et elles travaillent en étroite collaboration avec les aides-soignantes. En Belgique, du moins dans le service où j'ai effectué mon stage, le nursing intégré est la norme: tous les soins de nursing sont réalisés par les infirmières.»

Kelly Da Silva, étudiante en 3e année de soins infirmiers à Strasbourg (Institut de la Robertsau).

S'inspirer des bonnes pratiques

Partenariat avec le Service Universitaire Psychiatrie de l'Âge Avancé (SUPAA) du CHU Vaudois, à Lausanne

«Nous avons établi un partenariat avec le Service Universitaire Psychiatrie de l'Âge Avancé (SUPAA) du CHU Vaudois, à Lausanne. Son infirmière cheffe de service, madame Matos Queiros, avait été attirée par la description de la stratégie et de la philosophie de notre établissement et, notamment, par le fait que nous nous positionnons comme un hôpital "magnétique", attractif pour le personnel hospitalier

«Un mois durant, elle a visité les unités de soins et rencontré différents cadres in rmiers. À l'issue de ce "stage", elle nous a proposé un feedback sur nos pratiques. Elle a notamment salué les possibilités de développement professionnel que nous me ons en place et la qualité de notre "carte stratégique", document reprenant nos objectifs prioritaires. Ce regard extérieur était à la fois instructif et valorisant

«Quelques mois plus tard, je me suis à mon tour rendu au CHU Vaudois. J'ai eu l'opportunité d'y comparer nos pratiques à différents niveaux (recrutement, communication, hygiène hospitalière, gestion de la violence, multidisciplinarité...) et de récolter une série d'informations, de pistes de travail et de réponses aux demandes spécifiques qui avaient été soulevées par les autres cadres infirmiers lors de la réunion préparatoire à ce séjour. Cet échange nous a notamment aidés à progresser dans notre réflexion sur la mise en place de notre nouvelle unité de troubles cognitifs en gériatrie et de mettre en valeur les différents acteurs qui interviennent dans notre prise en charge multidisciplinaire de la personne âgée

«À ma grande satisfaction, ces contacts se poursuivent: en décembre 2014, madame Matos Queiros est revenue visiter notre département accompagnée de cinq infirmières-chef du SUPAA du CHU Vaudois

Yves Velghe, infirmier chef de service, Support Manager axe Learning et Development, Hygiène Hospitalière

Auteur : Aude Dion
Source : Osiris News (n° 39, juin-août 2015)