>>Le CHUB s'engage pour un parcours de santé coordonné entre les professionnels de ville et l'hôpital public

Francis de DréeJean-Bernard Gillet

La parole à Francis de Drée et Jean-Bernard Gillet, respectivement DG et DGM du CHU Brugmann.

Notre système de soins de santé est confronté à de multiples défis.

La population urbaine continue à croître, avec une natalité plus importante que le reste du pays et une augmentation de l'espérance de vie.

Les patients nous demandent une prise en charge à la fois globale et personnalisée avant, pendant ou après le séjour hospitalier.

Cette prise en charge médico-soignante et médico-sociale doit donc se concevoir avec les professionnels de ville : médecins généralistes, maisons médicales, infirmiers et prestataires de soins à domicile, métiers paramédicaux et maisons de repos (et de soins).

Appuyé par la Ville de Bruxelles, et en collaboration avec le CHU Saint-Pierre, le CHU Brugmann veut, en 2019, renforcer le lien avec les professionnels de santé hors des murs hospitaliers.

C'est à dire :

  • Systématiser la communication des résultats: le CHU Brugmann s'est résolument engagé dans les plateformes de transmission des résultats cliniques, sur la base de l'accord préalable nécessaire du patient. Ainsi, nous sommes actifs sur le Réseau Santé Bruxellois et via MediBridge/MediMail. Nous mettons également à disposition des médecins extrahospitaliers les examens d'imagerie médicale via le portail d'imagerie. D'autres innovations sont encore à prévoir dans ce domaine.
  • Investir dans des systèmes d'information communs: au-delà de la communication des résultats, nous souhaitons explorer la possibilité de partager nos systèmes d'information, aux avantages réciproques des professionnels de ville (prescription, serveur de résultats, voire dossier patients simplifiés) et du fonctionnement de l'hôpital (préparation de l'accueil des patients et adéquation des actes réalisés à l'hôpital par rapport aux besoins).
  • Renforcer le dialogue avec les médecins hors des murs hospitaliers, grâce aux séminaires ou réunions trimestrielles avec les médecins généralistes. L'ambition est d'amplifier encore ce dialogue en systématisant les échanges, en organisant des canaux de communication simples et rapides, notamment téléphoniques, et en définissant des protocoles communs.
  • Favoriser les synergies dans le domaine de l'urgence: les postes de garde en médecine générale (PMG) sont de plus en plus nombreux (la collaboration entre le PMG1030 à Brien se déroule à la satisfaction des deux parties depuis septembre 2017). Suite aux protocoles de gestions des appels aux secours 112/1733 récemment approuvés, les décisions d'envoi des moyens de l'AMU ou le recours à la garde de Médecine générale se feront suivant les mêmes règles, que l'appel soit adressé au 112 ou au 1733. Les informations fournies par les technologies digitales doivent progressivement être intégrées dans la surveillance à domicile et les décisions d'orientation des patients.
  • Travailler avec les maisons de repos (et de soins) : mentionnons notamment notre partenariat privilégié avec les maisons de repos du CPAS de Bruxelles.
  • Développer les soins et l'hospitalisation à domicile que le réseau iris développe en ce moment. Les initiatives pour diminuer la durée de séjour de la maternité ont déclenché des partenariats pour l'accompagnement pré- et post-natal.

L'intérêt des patients et la qualité des soins ne peut pas se concevoir dans une rivalité entre le monde de l'hôpital et celui des autres prestataires de soins l'œuvre dans la Cité. Ces complémentarités nécessaires doivent passer par les avancées concrètes dans le domaine de la communication et dans l'utilisation croissante des outils médicaux digitaux de surveillance. L'avenir dans ce domaine s'annonce passionnant.

Source : iris&you (n° 30, janvier 2019)